Le 22/07/08, Neckarsulm

Publié le par Le 3ème nain

Ca devait arriver: une étape sous la pluie! Et de 10, 10 jours de vélo.

Quel dommage tout de même: ca aurait dù être une des plus belles étapes du voyage. Elle le sera, mais elle aurait pu être tellement plus encore. Je suis toute le journée le Neckar, par une piste cyclable passant sous les arbres qui regorgent dans le défilé formé par le fleuve. Partout des petits villages carte postale, des chateaux... Je croise de nombreux cyclos, mais étrangement aucun ne va dans mon sens. On appelle cette route la Romantike Strasse, elle porte bien son nom. Tant de lieux magiques...

Alors que la pluie redouble, la piste soudainement descends vers le fleuve et s'arrête devant celui-ci. Suis-je censé rouler sur l'eau? Ca n'a jamais été tenté avec un vélo... Je prends le temps de déjeuner, bien à l'abri sous des arbres alors que la pluie commence à s'essoufler. Et puis j'ai une jolie vue:


Sympathique, n'est-ce pas? J'ai alors le choix: ou bien prendre une autre route, ou bien trouver comment les cyclos rencontrés un peu avant ont bien pu passer. J'abandonne l'idée de rouler sur l'eau. Je me retrouve devant le fleuve:

Bon, que dit ce panneau que je n'avais pas vu? C'est en allemand, mais voyons si je peux comprendre? Il y aurait un bac? J'attends 12h30, heure à laquelle le service reprend. Et effectivement, à 12h30, le bac en face s'anime et se dirige vers moi.

Et un tour de bateau avec mon petit vélo! Pour un euro, c'est donné.

Je continue ma route, je vais d'enchantement en enchantement. Je fais la course avec une péniche taille ++ , un monstre. Je roule plus vite qu'elle n'avance, mais contrairement à ce monstre d'acier, j'ai besoin de me reposer. On se rattrappe, je la double, elle reprend la tête,  je la redouble. Je ne sais plus qui a gagné, ce n'est pas très grave.

La pluie qui a repris m'embête bien plus. Le KWay n'est efficace qu'un temps, la pluie finit par le traverser. Heureusement, les nombreux chateaux me plongent dans une ambiance de conte de Grimm très plaisante.

J'arrive près de Heilbronn, c'est moins bucolique, beaucoup plus industriel. Je retrouve la centrale thermique que j'avais visitée lors de l'échange de correspondants évoqué hier. Je ne me souvenais plus que c'était à Heilbronn, mais je suis quasiment sûr que c'est elle. Et là, encore un petit miracle, comme les Allemands m'en ont fait vivre. Au pied d'un panneau, je cherche mon chemin sur ma carte. Il y a un camping à Neckarsulm, mais comment m'y rendre? Un cycliste s'arrête alors, et voyant que je parle pas allemand embraye en anglais. Je lui explique mon problème, il se propose de me guider! Génial! J'adore l'Allemagne!

Chemin faisant, nous discutons de mon périple. Selon lui, le PanEuropaRadWeg va à Stuttgart. Ce n'est donc pas ma direction. Le site Internet m'aurait-il menti? Je dois pour rejoindre Ohringen, la prochaine grande ville, passer par le BurgenWeg, une autre piste.
"D'où vous venez-vous, me demande t-il.
- De Paris, lui dis-je.
- De Paris?Et quelle est votre nationnalité?
- Je suis français.
- Vous êtes français? Mais les français ne parlent pas anglais!"
Ahem... Mon cycliste a longtemps pris des vacances dans le sud de la France, et personne ne parle anglais là-bas, selon lui. Donc les Français ne parlent pas anglais.

Nous nous séparons devant le camping après une chaleureuse poignée de main. Camping pourri, d'ailleurs. Il est plein, plein à craquer, de caravanes, de camping cars... tous vides. Je suis quasiment seul, c'est un peu glauque, tous ces engins vides.

Et demain, on reprend la route, vers l'Est, vers la tanière du soleil! Je ne sais pas si je vais suivre le conseil de mon bienfaiteur ou continuer sur ma lancée. On verra demain.


Publié dans Allemagne

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