Le 28/07/08, Karez

Publié le par Le 3ème nain

On avance à travers la République Tchèque. Et la température monte de plus en plus.

 

De fait, comme ce pays est à l’heure européenne, il n’y a pas de décalage horaire entre Paris et ici. Mais comme le soleil n’a cure de nos découpages journaliers, et que je m’enfonce à l’Est, forcément les journées se décalent. Il fait grand jour à 6 heures quand je me lève. Ce qui veut dire aussi que la chaleur arrive bien plus tôt. A 10h, le soleil cogne déjà dur. Et le soir, il se retrouve rasant et me chauffe les mollets. Et forcément, j’attrape un coup de soleil sur ceux-ci !

 

La journée commence fort par une crevaison en pleine descente avant Plzen. Réparation laborieuse, le trou est gros et je n’ai plus de chambre à air de rechange. Sur le coup, je me fais un peu peur : et si je n’arrivais pas à réparer ? Le premier essai est un échec, le deuxième tiendra. Vivement un marchand de vélo que je me renfloue… En même temps, ma chambre à air arbore courageusement sa 5ième rustine, il est temps de la mettre en retraite !

Lequel marchand de vélo est trouvé à Plzen. Je fais un peu tâche dans le magasin, avec mon T-shirt et mes chaussettes à la blancheur douteuse, et mon vélo mulet fait de même au milieu des rutilants VTT. Explications avec les mains, l’anglais et l’allemand, pour expliquer ce que je veux (j’adore ces moments de communication avec les moyens du bord !). Non, par un mountain bike. Like this one. And it is like this or like this? Like this. Vielen Dank!

 

N’empêche que, le vendeur est épaté quand je lui explique d’où je viens. Fier ? Oui, j’avoue !

 

Plzen sera traversé en coup de vent. Il est midi, la grande place est vide, sauf à l’exception de l’ombre de l’église, à l’abri de laquelle beaucoup de monde s’est réfugié. Et mon étouffe-chrétien acheté la veille toujours aussi long à mâcher… En sortant de la banlieue de Plzen, je rencontre deux cyclotouristes polonais, qui s’en reviennent d’un petit tour en Allemagne (100km, une paille). Ils doivent avoir tout juste une quarantaine d’année à eux deux, ces fous pédalent torses nus sous le cagnard. Eux aussi vont à Prague, nous échangeons sur nos itinéraires. Ma carte étant plus précise, je leur indique une route annexe qui leur évite de continuer sur la voie rapide où nous sommes engagés. Je continue, je loupe la route que j’avais indiquée juste avant... grr…

 

Pour finalement retomber sur un itinéraire bis bis à travers les bois et le long d’une petite rivière où je pique une tête bienvenue !

 

C’est le genre d’événement tout bête, qui est inoubliable. La chaleur a disparu, je suis dans l’eau, je barbote, au frais. Quel bonheur ! Plusieurs fois, j’avais croisé des rivières et jamais je n’avais franchi le pas. Il fallait avancer. Mais là, je suis sans pression, il me reste un peu plus de 100km, je serais à Prague demain. Alors, je peux bien prendre mon temps. J’ai même froid en sortant de l’eau !

Je me ressource ainsi pendant une longue demi-heure. Petite pensée pour mes polonais qui ont du prendre le chemin que je leur avais indiqué et ainsi rater ce petit paradis. Je reprends presque à regret la route, pour sortir du bois et replonger dans la fournaise.

 

J’avais repéré sur ma carte tchèque un camping le matin. J’arrive en fin d’après-midi dans le village où je suis censé le trouver, le panneau camping est bien là. Mais c’est bizarre, au lieu de l’habituel symbole tente + caravane, il n’y a que le symbole tente ? Je continue, et le fléchage me fait quitter la route pour me faire passer par une petite ruelle où effectivement une caravane ne passe pas. Plus loin dans la ruelle, je tombe sur une petite maison avec une face peinte « Mini-camp ». Ah, c’est camping chez l’habitant ! Allons-y alors !

 

Je suis reçu par la propriétaire de la maison. En fait de camping, il s’agit de son jardin. En fait de douches et de WC, c’est la cabane au fond du jardin. Aussi délabrée qu’hier, cette fois-ci la pomme de douche est une extrémité de tuyau d’arrosage... Pas grave, ça m’amuse, ça me permets de parler un peu (allemand ce soir), et j’ai de l’eau. Que demander de plus ?

 

Et puis ça permets aussi de relire le petit Futé et de (re-)découvrir un encart sur la qualité des campings tchèques !

 

Et demain, je serais à Prague. J’ai passé les 1500km tout juste aujourd’hui, il m’en reste 60. Je prévoyais 1500km en 15 jours, je suis au soir du 17ième. Mes prévisions n’étaient pas si mauvaises ! Et déjà la nostalgie m’envahie. C’est fini demain, déjà ?

Publié dans République tchèque

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article