Le 17/07/08, Lunéville

Publié le par Le 3ème nain

Le matin après ma nuit de camping sauvage, j'ai de petits yeux. D'abord il a plu la moitié de la nuit. J'ai confiance en ma tente, mais le bruit de l'eau sur le toit m'a tenu éveillé. Et ma tente que j'espérais sèche alors! Encore une fois je vais la replier mouillée. Ce qui n'est pas trop grave tant que je la remonte rapidemment, ce n'est juste pas très agréable à replier trempé.

Mais le plus drôle n'est pas là. Dans la nuit, je rouvre les yeux. J'ai fini par m'endormir, mais quelque chose m'a réveillé. Emergeant petit à petit de ma torpeur, j'écoute les petits bruits de la nuit, j'entends soudainement qu'on marche à côté de la tente. L'herbe se fait plier par quelle chose d'une taille certaine. Quoi à cette heure! Qu'est-ce qu'il me veut? Il ou Ils, d'ailleurs? Et je n'arrive toujours pas à émerger! Mon vélo! Réveille-toi! Allez debout! Bouge! Lève toi grosse larve!

Et soudain un grognement...

Nom de nom, un sanglier! Et un autre grognement! Ils sont deux! Non, trois! Au moins!

Là, mon état comateux me fait envisager le pire... S'ils chargent... des histoires de gens éventrés par des sangliers, dont on retrouve les tripes avant le reste me reviennent en mémoire. Que faire? Crier? Mais s'ils leur prenaient l'idée de charger? Je sais bien que les sangliers ont généralement peur de l'homme mais si jamais? Que faire? J'ai envie de m'enfoncer le sol... Je ne panique pas, je me demande même si je rêve ou pas. Mettre les sacoche entre eux et moi, pour me protéger? Me rouler en boule, protéger ma tête si jamais? Sortir pour leur faire peur? Mais si il s'agit d'une mère et ses marcassins, et qu'elle veut les protéger?

Et je les entends qui arrachent des herbes tout en grognant de satisfaction. L'un d'eux semble s'approcher! Glop... Là d'un coup, je suis bien réveillé! Je décide de ne pas bouger. Foutez le camp, y a des gens qui dorment!

Ils finissent par continuer leur route, je pousse un ouf de soulagement.

Toute la nuit, néanmoins, je resterais en alerte. D'autres bestioles, d'autres froissements d'herbes, et mon imagination qui travaille aussi! Sur le matin, je finirais tout de même par m'endormir.

Et la lumière du jour me tire de mon sommeil vers les 7h. Je me lève, il pleut toujours. Pas de chance pour la tente! Et effectivement, je n'ai pas rêvé. L'herbe est piétinée, quelque chose de large et de court sur patte est passé par là. Je ris à gorge déployée de ma frayeur, je trouve d'autres traces. Effectivement, trois sangliers sont passés par là. J'avais vu d'autres traces en arrivant, je n'avais pas compris ce que c'était. L'un deux s'est dérouté pour s'approcher de la tente, on voit bien sa trajectoire dans l'herbe.

Avec le recul, je me demande si j'ai vraiment été en danger?

Je reprends ma route, ma petite aventure en tête. Je passe rapidemment par Toul, et croise un collègue.

D'accord, il est plus vert que moi. Le panneau d'arrêt de bus me rappelle des souvenirs:

 Salut Robin!

Je passe à côté de Nancy, une femme me voyant chercher ma route me remet sur le droit chemin. Aah elle a un accent différent du mien! C'est bon signe, j'avance!

Arrivée vers Lunéville, dans la douleur. Fichu genou! J'ai remarqué que j'ai tendance à me mettre au maximum sur l'arrière de la selle lorsque ça fait mal. J'ai baissé la selle à Châlons, de façon à moins tendre la jambe. Je pensais que la douleur est liée à la rencontre innopinée avec cette voiture, mais si ce n'était pas ça?

Au camping, je rencontre un couple de hollandais, la soixantaine. Ils sont descendus en train à Avignon, et remontent vers la Hollande. Ils ne font "plus" que 80km par jour... J'avoue être estomaqué, et très honoré qu'ils soient admiratifs devant mon projet. En face de ma tente, un couple du même âge, français, en camping-car, qui regardent leur écran plat. Ahem... Le contraste est saisissant.

Je rassure une fois installé la secrétaire de mon dentiste. En effet pour économiser la batterie de mon portable, je modifie en fonction de mon avancement mon répondeur de portable, histoire de tenir au courant mes proches. Je ne le ferais que trois fois sur tout le parcours, mais la pauvre n'a eu droit qu'à mon message après l'accident et à mon message ce matin après les sangliers, et ne comprend pas  comment mes histoires sur mon répondeur... Je lui explique donc le périple.

Un petit tour à Lunéville même pour terminer la journée. J'ai envie d'un kebab, mais il n'y a rien. Lunéville est très jolie, la vieille ville est toute pavée, les maisons anciennes. Mais personne dans les rues! Je rentre au camping le ventre vide, résigné à faire des pâtes, en passant par les jardins du chateau, que voici.


En rentrant au camping, juste avant de me retirer sous ma tente, je vois mon couple de hollandais qui repart, à pied cette fois. Ils ont fait 80km aujourd'hui, je les ai vu aller manger en ville en vélo, et ils repartent encore!

Moi je me rends! Au sac!

Publié dans France

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article